Paillasson

Le Carnet de bord d'une petite fille qui voulait un cheval et qui l'a eu... à 21 ans ....
3 ans plus tard le carnet est un peu délaissé, ce n'est pas faute d'avoir mille et une choses à y raconter .

j'ai pris du retard, mais j'entame une nouvelle tentative pour le remettre à jour.... je mène la guerre sur trois fronts: le rétro, le super-rétro et le contemporain... les articles ne parraitront pas par ordre chronologique mais selon ma motivation et/ou les besoins de la narration...

J'espère que ça ne va pas démotiver le peu de lecteurs qu'il me reste ...

Pablesquement vôtre

Babouyou



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Sablier

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Flower's scent

Chapitre XII : Transformations

Publié dans : Chapitre XII : Transformations - Par Babouyou
Samedi 1 septembre 2007 6 01 /09 /Sep /2007 22:51


          Feu vert : un beau samedi matin à l'heure de l'apéro , Juanito m'annonça enfin que la propriétaire de la friche acceptait qu'on clôture son terrain pour y mettre nos chevaux. J'avais alors déjà pigé depuis longtemps que pour les clôtures il vallait mieux ne pas compter sur mes deux cowboys. Je vais faire les choses à mon idée et je vais le faire de suite, ça ira plus vite et ça sera mieux fait. D'abord.


Me voilà  - enfin? Malheureusement? -  confrontée à un des gros problèmes collatéraux à la propriété d'un cheval: LA CLÔTURE...


Premier souci: La friche.

          Abandonnée depuis plus de 10 ans, il y pousse de tout: de la vigne, des ronces, des peupliers, des sorbiers, de grosses touffes de chaumes et même quelques pommiers. Au milieu du terrain, il y a même un arbre mort au bois dur comme du fer et dont le tronc et les branches sont creusés de milliers de trous: à la moindre vibration, l'enorme colonie de fourmis qui y habite en sort pour défendre son arbre-fourmilière. C'est à la fois fascinant et, il faut l'avouer, méga flippant.


          Je pars du principe qu'en morcellant la parcelle on pourra alterner d'un parc à l'autre pour que l'herbe repousse. Je commence donc par délimiter une première parcelle, de manière à avoir un minimum à débroussailler tout en me servant un maximum des arbres vivants comme supports pour le fil. Faute de moyens et d'outils, le débroussaillage et le taillage des arbres se fera à la scie et au sécateur. Ça prend un temps fou, sous le dur soleil d'aout , et entre les ronces les courbatures et les ampoules, je pourrai dire que j'ai sué sang et eau pour faire ce parc.


Second souci: le materiel.

          Putréfaction!!!! Qu'est-ce que ça peut être cher!!!

          Genre, 4 euros le piquet en bois EN PROMOTION et puis quoi, allez, 3 euros le piquet en plastoque exposé depuis 6 mois au soleil et qui se pète comme du verre quand t'essaies de l'planter! Faut compter un piquet en bois -inchiable à planter dans la terre asséchée de provence- par angle, plus un pour la porte, plus un au milieu de chaque côté parce que sinon, avec le mistal , ta clôture elle est couchée en moins de temps qu'il en faut pour dire « Pastis » ... Allez! Vas-y pour 9 piquets en chataigner plaqué or, quoi que j'arrive à en économiser deux ou trois grace aux jeunes peupliers vivants ou sacrifiés pour l'occasion. Et les piquets en plastique, il en faut bien tous les 3 à 5m (tous les deux metres selon certains! Bah voyons!) Ah! En plus ça se vend par paquets de 10! quelle bonne surprise! VLAM! 60 euros dans ta face! Il faut des isolateurs aussi ... Vous savez les machins qu'on visse dans les poteaux en bois pour tenir le fil... Alors... le paquet de 25, 25 euros! Bah oui madame! On est dans l'sud! Et les isolateurs en 8 pour les portes, il m'en faut 4 ... ah ... non... 6 , pour le coin du fond pour pouvoir raccorder facilement le futur deuxième parc... 2,50 la bestiole ah oui quand même ! Et les poignées? Seulement deux euros l'unité? Bonne nouvelle.


         Ensuite, le fil... Bah pour les chevaux, faut du ruban, hein, c'est beaucoup mieux. Bon, ça fait prise au mistral mais c'est plus dissuasif... celui qui fait deux centimètres de large est deux fois plus mieux que celui qui ne fait qu'un centimètre, hein, logique... il est aussi deux fois plus cher, on s'en doutait. Allez, on va prendre les deux, 400m de chaque, on verra bien! VLAM! 80 euros dans ta face!


         Passons aux choses sérieuses... un poste électrique, ça peut couter combien? Ce modèle là à 259 euros c'est le meilleur rapport qualité prix! Plait-il? Le moins cher, vous dites? C'est ce petit poste là à 184 euros, en PROMOTION! Bon... et en prime je vous offre le piquet de terre! Vous reviendrez, hein....?


C'est tout. Pour le moment.


Troisième souci: L'installation.

          Creusé des pré-trous avec mon piolet de géologue. Rempli de l'eau portée avec difficulté dans mes jerricans. Le lendemain, planté les piquets avec une massette de maçonnerie. Vissé la vingtaine d'isolateurs, à deux hauteurs: mon plexus solaire et le haut de ma cuisse, planté les piquets en plastique tous les 6 pas. Fait courir les deux rubans dans les isolateurs, le plus large en haut et le moins large en bas, et accroché les poignées. Résultat: une clôture belle et propre, quelques doigts en moins et une une inflammation du canal carpien (à cause des vibration du marteau et des mouvements répétitifs) qui m'empêchera de dormir pendant presque un mois. Oh Yeah!


Quatrième souci: Le Jus.


Sous-souci petit1: L'isolation

          Vérifier 50 qu'il n'y a pas une herbe qui touche le ruban (le reliant ainsi à la terre) sinon la batterie se vide en une demi journée.


Sous-souci petit2: le vol

          On est dans le Treize. Ici les vols sont aussi communs et banals que les achats en bonne et dûe forme ( Faut dire que vu le prix des choses...).

           La méthode Babzou: un vieux boitier en métal de 15 kilos, réccupéré à la déchetterie d'à côté, et qui avait du protéger une unité centrale d'ordinateur fut un temps... Une chaine de 3 m, un gros cadenas waterproof en titane transgénique et deux bombes de peinture pour taggeurs, vert et brun.

           Poser le boitier à moitié enterré et betonné (exterieur pour le sceller, interieur pour le lester (mouhahaha)) pres d'un arbre, attacher la chaine de manière à ce qu'elle passe dans le beton, autour de l'arbe, et que le reste puisse servir à fermer le boitier grace au cadenas, mettre le poste dans le boitier (une fois que le beton est sec), faire sortir les fils par les trous prévus pour sortir les cables de l'ordi, sceller l'ensemble et le peindre en camouflage militaire avec les bombes, puis le recouvrir de ronces seches. La bonne nouvelle c'est qu'il y a des « fenetres » assez grosses pour passer la main et couper le jus si besoin est, sans avoir à chercher la clef du boitier.


En passant j'ai aussi taggé tous mes piquets et mon ruban électrique.

Comment ça, j'en fais un peu trop?


Cinquième souci: L'eau

          Juanito et Christobal m'ont réccupéré une belle baignoire à la déchetterie... mais il n'y a plus de bonde! Heureusement, mon ami Monsieur Bricolage est là pour me vendre un beau pot de mastic dont j'userai avec Amour et Tendresse. Deux ou trois mini piquets, quelques grosses caillasses et un petit empilemenr de litaux plus tard, voilà le parc équipé d'un magnifique abreuvoir aussi pratique qu'esthétique, qui dépasse même un peu du pré pour que Christobal puisse le remplir de l'exterieur avec sa betonneuse sans prendre le jus.


*Paroxysme de l'Autosatisfaction*


          La seconde parcelle du parc, plus grande, plus brousailleuse, demanda encore plus d'efforts. J'estime la participation de Christobal à 5%, et celle de Juanito à 0, 001% (il a offert l'apéro). En tout, plus de 400 euros de frais et une bonne centaine d'heures de travail solitaire (Quand je pense au prix de la main d'oeuvre!). Je comptais lui en parler mais c'est Juanito lui même qui vient me glisser, un peu penaud, qu'avec tout ça je n'aurai pas à payer de pension pendant plusieurs mois........ Y'a interêt!



***



Et pour l'illustration.....

Voici LA PORTE ... du petit parc.... agrémenté d'un magnifique et gigantesque pommier. (on n'est pas loin de Marseille, c'est pour ça)




Le coin avec mon Art-breuvoire .... ma qué souperbissimo....  (non j'exagère PAS!!!! >_< )



Mon poste électrique invollable  ( Je vais me faire embaucher comme architecte dans les banques suisses )

Et accessoirement, la grosse andouille encore inmontable pour qui j'ai dépensé tous ces sous et toute cette énergie...




Je te l'avais promise, ton herbe.... désolée mon grand, c'est un peu sec mais ici on n'aura pas mieux....



T'es content quand même ? c'est le principal...
C'est vrai qu'il y a plein de nouveaux gouts à découvrir, les plantes d'ici sont dures mais globalement plus arômatiques... et il y a aussi du raisin, des mûres, et ces grandes touffes d'herbe qui ressemblent à de la ciboulette géante.... je crois bien que c'est avec ça qu'on rempaille les chaises ^^'



De l'herbe, de l'eau, de l'espace et des potes....

Le minimum pour rendre un cheval heureux.

C'est même pas que ça en "vallait la peine", c'est juste que "je lui devais "...


 

Allez Gros... ça va pas être si pire le sud.....  j'espère......

***

 


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Publié dans : Chapitre XII : Transformations - Par Babouyou
Samedi 11 août 2007 6 11 /08 /Août /2007 11:09


         Je me souviens de mes années de Collège, quand avec Séverine on squattait la chèvrerie de "Didier", quand on s'attachait aux chevraux.... Je me souviens de Fatou, décédée trop tôt, de la dynastie de Crevette, de Pitchoune qui m'a reconnue même apres des années d'absence, même alors que moi je ne la reconnaissais pas:  chèvre alpine dans un troupeau d'Alpines...

         Aussi apprendre que je pouvais, avec l'accord et même l'enthousiasme général, adopter une chevrette qui serait bien à moi, qui ne partirait pas, qui ne se ferait pas bouffer à l'Aïde, m'a carrément exaltée...
J'en ai parlé à Aurélie : la patrone de l'ex pension et ma voisine, accessoirement un véritable bottin marchant en un volume du pays Salonais :p  , et elle m'a promptement indiqué l'adresse d'une de ses connaissances...

         "Tu y vas! Il sera surement devant chez lui sur la terrasse,un peu avant l'apéro, il s'appelle Bébert. Tu lui dit que tu viens de ma part!  Tu verras il est tres gentil, il a des chèvres d'ailleurs tu sais Untel sur la route de Machin je sais pas si t'as vu sa chèvre elle vient de chez lui et Bidule aussi qui habite vers la colline et ..... .................................. ......................."

         Alors un beau soir, ravallant mon apréhension et ma timidité, j'ai démarré ma titine et suis partie voir ce fameux Bébert. Apres 4 km d'une route que je connais bien,  j'ai du serpenter dans un lotissement tout neuf ... Ce genre de villages complètement aseptisés, artificiels, et trop colorés ou les citadins s'entassent pour fuir la tristesse de leur vie insipide... pour finallement débouller sur... une cour de ferme...

         Négligée, abandonnée... Des écuries: remplies de meubles, une bergerie: à moitié en ruine... Quelques platanes séculaires bruissant sous un léger mistral. Une terrasse en fer forgée que, il y a un temps incalculable, quelqu'un a dû vouloir voir fleurie... Aujourd'hui la glycine a pris ses droits et entrelace de véritables troncs au dessus du béton craquelé.

         Impression saisissante d'autenticité désuette, résistant encore de toutes ses forces au passage impitoyable du temps.

         Et, attablé sous la Glycine, "Bébert" regarde se garer cette 205 qu'il ne connait pas encore.

         Il s'appelle Albert G. et son visage donne la même impression d'âge et de robustesse que sa ferme. C'est un paysan, un des derniers paysans de cette provence hyper-urbanisée: son père, et son grand père avant lui étaient des bergers riches et renommés: leur cheptel s'élevait à 2000 têtes et leurs terres s'étallaient largement dans le pays de Crau. Bébert, quant à lui, a choisi de renoncer aux moutons pour élever des trotteurs de course. Il a beaucoup gagné, me racontera-t-il,  il a beaucoup voyagé aussi...

         Il a eu un accident de sulky alors qu'il entrainait un cheval, il y a "quelques" années et il a du arreter.  Il a dû vendre ses terres à des promoteurs immobiliers pour ne pas se laisser ruiner par les impots. Les hectares de lotissement édulcoré que j'ai traversés, c'était ses terres, avant. Il y a dix ans on pouvait encore voir des poulains y grandir.  Aujourd'hui les abrutis de citadins qui y habitent lui mettent les autorités sur le dos parce que les quelques poules et chèvres qu'il a gardées attireraient les mouches. L'humanité me dégoute...

         Pour en revenir aux chèvres, il en a donc une petite dizaine , en effet.  Des batardes d'Alpines, de races à viande et de chèvres naines. Il les garde pour le plaisir et vend les cabris pour la viande...  La plupart des cabris sont déjà partis, il ne reste plus qu'une petite "dalmatienne" de 4 mois mais malgré des essais répétés elle n'aurait jamais pu devenir la chèvre-toutou que je recherche: je ne la prendrai donc pas.

         Les prochaines naissances? "C'est pour la fin du mois!"  mais à la fin du mois aucun signe de bébé. "Oh surement d'ici deux semaines!"  Mais deux semaines plus tard toujours rien en vue... et ainsi, de semaine prochaine en fin du mois, je suis revenue souvent, aux nouvelles, et je restais discuter autour d'un verre de pastis ou de menthe à l'eau... 

        Bien sûr je crois que c'était un peu fait expres, mais ça ne me dérrangeait pas, bien au contraire!

        Il n'y a pas eu de naissance de cabris avant Janvier suivant!  Mais cela est une autre histoire qui sera contée dans un autre article. ;p


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Publié dans : Chapitre XII : Transformations - Par Babouyou
Mercredi 8 août 2007 3 08 /08 /Août /2007 22:11

         Les plus attentifs d'entre vous se souviendront  d'avoir lu quelquechose quelquepart à propos d'un neunoeud de mariée. Le voilà. Il avait mis à bas ce qui restait de la virrilité de mon hongre, et avait renforcé son image de "grande-folle-avec-tous-ses-poils"  aupres des ignorants en Ayeriche Caube. Pardonne les, Pablo, ils ne savant pas ce qu'ils font.

        Ce que je n'ai jamais osé avouer et que je vous dévoile aujourd'hui en exclusivité, c'est que Pablo, bien loin de s'offusquer de cette immage, y a vu une voie inespérée pour exprimer sa sexualité tuée dans l'oeuf. J'existe!  a-t-il voulu prouver au monde, et j'ai une place dans le grand Cycle de la Vie.




        Ainsi Pablo a-t-il continué à se travestir de lui même pendant un temps, usant d'une combinaison unique de mûres et de raisin ...

        Pour revenir un peu aux choses sérieuses, voici l'évolution de sa blessure au couard.
        Avant nettoyage, le cuir brûlé/pelé.
.

        Apres nettoyage: la chair à vif. Nettoyée, désinffectée, couverte d'une crème grasse cicatrisante horriblement chère et le tout protégé des mouches et du soleil par de la bombe alu.


        Un mois apres, la peau s'est finallement régénérée, un fin duvet commence à la recouvrir et elle commence à se re-pigmenter "point par point".
J'avais peur que le poil ne repousse jamais, et j'étais persuadée que si il repoussait il repousserait en blanc. Cette crème cicatrisante aux herbes a été terriblement efficace!  Je n'ai plus le nom en tête malheureusement, mais si vous en avez besoin et en trouvez n'hésitez pas à en acheter même si ça coute la peau du cul ( et ici c'est le cas de le dire! ) !



        Transformations...  il y a eu à cette période bien pire que les cosmétiques ... il y a eu .... le coiffeur...
         Parce que Môsieur Pablo avait trop chaud, parce que Môsieur se grattait les fanons , parce qu'il se les arrachait en marchant dessus ou en marchant dans les friches pleines de ronces, parce que je voulais mettre un terme à la transsexualité de Pablo, ça allait trop loin, parce qu'une bonne paire de ciseau est  le remède à bien des maux...
.



        J'ai coupé court à toutes ces emmerdes.





        Je n'ai jamais rien eu contre les pintos, de toutes façons.



        Mais je ne me suis pas arrêtée là...!  Il y avait encore les crins! ces crins mi-longs volant au vent, ses jolis crins si bien entretenus, Môsieur se les arrachait dans les barbelés ! Monsieur se les arrachait dans les chènes verts!  parce que Môsieur avait chaud! AAAH tu vas voir!




Et voilà l'boulot!  Un peu de toupet pour chasser les mouches, c'est tout ce que je te laisserai!




Transformations: Voilà Pablo reconverti en vrai "Camarguais de Przewalski"!



        C'est tres moche, mais efficace! 
Double Bonus: Pablo s'en fout comme de l'an 40 et moi j'aurai un peu moins peur qu'on me le vole :p
Rendez vous dans 6 mois, le temps que ça repousse!

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Publié dans : Chapitre XII : Transformations - Par Babouyou
Mardi 7 août 2007 2 07 /08 /Août /2007 13:06


          Le Lieu de vie intermédiaire de Pablo est un carré de 20m de côté, couverte d'une herbe rase qui ne survivra pas une semaine aux pieds et aux dents du monstre ... L'eau, il faut aller à chercher à l'autre bout du paddock principal (celui d'Ulysse et Galinette), ou un conduit d'irrigation fuit en continu dans une vieille baignoire.

         Je m'achète une grande poubelle noire qui servira d'abreuvoir au Pab, deux jerricans de 20 litres pour le remplir et même un diable tout terrain pour  transporter les jerricans d'un bout à l'autre du grand paddock, tous les jours.
La clôture n'a pas eté refaite comme promis... enfin si, mais à leur sens, puisqu'ils ont reconsolidé l'ensemble en redressant les palettes et les piquets et en retendant les barbelés et autres cables réccupérés dans la déchetterie d'à côté... l'entrée du paddock est une barrière anti émeutes tenue par de vieilles renes et un résidu de longe au reste de la structure.

         Le tout fait grandement penser à une favela, mais selon eux, c'est une "vraie clôture gardianne, du solide"!  J'ai vu des vraies clôtures gardiannes avec leurs 4 fils barbelés bien tendus entre des piquets espacés de 40 cm... et ça n'a rien à voir!  Il est hors de question que je laisse Pab là dedans, ce sera ma motivation principale pour clôturer au plus vite la friche d'en face, j'attends juste le feu vert de la proprio...

         En attendant, j'essaie de relativiser, je rafistole chaque jour la "clôture", et j'achèterai même déjà un rouleau de ruban électrique, pour dissuader Pab de forcer sur les palettes. Il y a deux petits arbres rabougris dans ce paddock, assez pour donner un peu d'ombre. N'ayant jamais parqué de cheval dans le sud, je n'avais pas pensé qu'aux heures les plus chaudes, le soleil étant au zenith, ces "arbustes" ne produiraient assez d'ombre que pour la tête de mon pauvre cheval...  ça lui évitera au moins les coups de soleil sur son nez rose. Paradoxalement, à subir un tel soleil, c'est plutot une chance pour lui que le reste du corps soit majoritairement blanc.  J'ai du mal à me l'avouer, mais la Provence de Pagnol n'est vraiment pas le pays idéal pour rendre un Irish heureux.

         Ulysse et Galinette, les deux collocs, sont d'affreux croisés camargues mal éduqués que leurs proprios voient comme les plus purs et les meilleurs camarguais du monde... Ulysse travaille les taureaux, selon Christobal, son proprio... il est maigre , apathique , a le poil terne et des pieds beaucoup trop longs qui déforment ses vieilles articulations... Galinette, sa demi soeur de 3 ans, a de jolies allures  mais elle est longue , a des applombs douteux et n'a pas reçu la moindre éducation.  Son propriétaire, Juanito,  est un "vrai gardian du pays qui s'y connait mieux que tout le monde" même si il n'a jamais fait d'équitation et que c'est son premier cheval: d'ailleurs il s'y connait tellement bien qu'il a acheté une pouliche parce qu'il se disait que comme ça "ils apprendraient l'équitation  ensemble"...

        Vis à vis de Pablo, les débuts ont été houleux à travers la clôture "croisée palette et barbelés": Galinette faisant sa sainte nitouche et Ulysse étant tres possessif envers sa demi soeur.  Malgré mon insistance aupré des autres proprios, je n'aurai même pas été là la première fois que les trois chevaux auront été ensemble. Dieu merci, ça s'est bien passé, alors ne voulant pas me mettre tout le monde à dos j'ai réussi à contenir ma colère. ça leur a pris comme ça un jour de les lacher tous ensemble dans la partie principale du pré sans me prévenir ni me demander mon avis...

         Cette troisième partie du terrain est en herbe, mais on n'y lache les chevaux que le week end quand quelqu'un est là pour surveiller: il y a en effet dans ce pré une jolie paillotte à la déco camarguaise, et saucissons et  Pastis y sont souvent partagés avec tous les gens qui s'y invitent. Ambiance conviviale, anisée, les gens parlent fort et sourient franchement. On est en Provence.

       La végétation est loin d'etre luxuriante mais il y a des fruits! et Pablo se régale quand je l'emmène en longe dans les friches: il y a des pommes, des mures et des églantines (que Pab sait cueillir comme un maitre sans se piquer) mais aussi -spécialité régionale- puisque les friches sont d'anciennes vignes abandonnées, il y a du raisin à ne plus savoir qu'en faire!

         Je ne vois que tres rarement Christobal et Juanito en même temps. Je vois chaque fois soit l'un soit l'autre, et ils passent chaque fois leur temps à me dire à quel point "l'autre" ne s'occupe jamais de son cheval et fait n'importe quoi...   L'autre est un branquignole et un incapable, l'autre ne fout jamais rien pour le pré, alors que Lui il a presque tout fait tout seul et est là tous les jours...  En vérité, Juanito a fait quasiment toutes les constructions du parc: les clôtures, la cabane des chevaux (cabane tres bien faite et propre, qui contraste énormément avec la clôture!) et il est souvent présent (au bar) pour surveiller les chevaux dans la partie en herbe , mais Christobal passe tous les jours donner le foin et vérifier que les chevaux ont à boire, et le week end il irrigue tant bien que mal, creusant inlassablement des sillons pour que l'eau aille le plus loin possible...
         Naive, j'essaie de modérer les propos de chaque côté en mimisant le mal pour calmer le jeu. Je n'aime pas qu'on me prenne à partie, surtout pour ce qui a pu se passer avant que j'arrive... Ils me veulent tous les deux dans leur camp et je suis prise entre deux feux...

         A part ça,  l'ambiance est tres bonne envers moi, ils voient déjà Pablo "dans les taureaux", et promettent des randos magnifiques "quand Galinette sera débourrée". J'ai un peu parlé au "patron" Juanito, et il est d'accord pour que je ramène une chèvre: "Tres bonne idée! si elle peut bouffer toutes ces ronces!"! Une biquette!  J'en rêvais depuis le collège, quand ma meilleure amie m'emmenait chez son voisin chevrier, et qu'on passait nos week ends à promener les cabris, accoucher les chèvres, donner des biberons....  Je me souviens de Fatou, de Pitchoune, Crevette, Blanchette, Bêchou, Noisette...   si seulement j'avais eu un terrain à l'époque...!

                Tout n'est pas idyllique, mais il y a une bonne ambiance et je suis libre de réaliser mes délires...Vivement que la propriétaire de la friche nous donne son accord, que je puisse sortir le gros de cette favela et lui offrir un peu d'herbe... De l'herbe, des potes, et même si le climat est dûr pour lui, Pab sera heureux. C'est le principal.


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Publié dans : Chapitre XII : Transformations - Par Babouyou
Lundi 6 août 2007 1 06 /08 /Août /2007 22:21



          De retour chez moi.

          J'ai parlé un peu aux gars de la "collocation" équine au sud de mon village. Celle qui comptait déjà deux pseudo camargues sur de la terre battue, un bel abri et des clôtures pourries.
Ils m'ont assurée que justement, ils avaient prévus de refaire la clôture au propre cet été, à l'électrique, et qu'en plus les propriétaires des friches adjacentes avaient parlé de leur prêter leurs parcelles. Il faudra juste les clôturer...
Prix de la colocation: une contribution de 50 euros par mois... c'est à dire que si un tel achète 50 euros de foin pour l'ensemble des chevaux, il n'a pas à payer ces 50 euros au "chef" pour ce mois.

          A ce prix là, et sachant que là bas Pab ne sera pas tout seul dans son paddock, ça vaut le coup de s'éloigner un peu... Il aura pas encore l'herbe mais il aura des potes et de quoi courrir!

          La boiterie de Pab  semblerait se faire tres discrète depuis qu'il est là: Alleluia! Mais cette histoire ainsi que la désastreuse tentative d'intégration de Pablo avec Gitan et Philibert m'ont rendue tres méfiante vis à vis des autres chevaux.... Je suis terrifiée à l'idée de présenter Pab aux deux camarguais de la nouvelle "pension", à l'idée que ça pourrait à nouveau mal se passer, que Pablo pourrait encore être blessé... d'autant que l'un d'eux a des fers à crampons... j'ai informé les autres proprios de mes craintes et Pablo sera dans un petit paddock adjacent au pré principal le temps que les anciens s'habituent à leur nouveau copain. Et ça prendra le temps qu'il faudra. :-)

          J'avertis donc Aurélie, la patronne de la pension actuelle, à qui ça ne pose pas de problème puisque je l'avais prévenue depuis le début que je ne laissais Pablo chez elle que "le temps de trouver un terrain ou une "colocation" de prés ". De toutes façons elle a déjà une autre cliente en attente: cette dernière a d'ailleurs voulu ramener ses chevaux en urgence des qu'elle a su que la place allait se libérer et donc.... avant qu'on parte: ainsi Pab aura été "entreposé" dans le rond de longe pendant un jour ou deux ^^'...

         La nouvelle "pension" se trouve à 4 km de là, sur la route d'Aiguille: la départementale entre Pelicano et Aix-en-Provence... Periode de repos ou pas, question de principe, on va pas s'emmerder avec un van pour si peu.... en longe? pas interressant.... allez, pour l'occasion on va ressortir les longues renes!
On les aura dépoussiérées le dimanche, pour faire l'aller-retour vers mon jardin: utiliser Pab comme tondeuse bio disperseuse d'engrais ne sera plus possible avant un petit moment... étant donné qu'il est en période de repos forcé, je ne compte pas lui faire faire ces 4km ni trop souvent ni deux fois dans une même journée...  Résultat des courses: la virilité de Pab se sera pris un sacré coup à cause d'un noeunoeud de mariée en tulle que j'ai trouvé par terre (et qui a fini sur sa bride), et à part le fait que Monsieur La Patience Incarnée a un peu de mal à comprendre qu'il faut s'arreter au Stop -et rester arrêté-  il a été impeccable. Les filles de la pension avaient du mal à croire qu'il n'avait que trois ans et n'avait pas été travaillé depuis des mois... ^^

         Le lendemain, nous sommes partis....
Empruntant les routes et ruelles que j'ai tant de fois parcourues à vélo en rêvant d'etre à cheval....  quelle ironie, aujourd'hui, d'etre à pieds derrière mon cheval...
Passant devant les arènes, devant la place de l'église ou j'ai été baptisée, devant des cafés, ou Pablo aussi s'arretera boire un coup à une fontaine, sous le regard amusé des clients.
Devant l'office de tourisme et ses grandes baies vitrées.... Pablo admirait en réalité le magnifique jeune cheval qui se refletait dans la vitre.... mais d'un regard exterieur, il avait l'air de lire les informations affichées par l'office... Ce cheval n'en rate jamais une pour faire douter les gens de leur santé mentale.

        On a du traverser une nationale au niveau d'un rond point: en longe, pour me rassurer; pour atteidre enfin la route d'Aiguille... les gens y roulent à une vitesse effrayante, mais la visibilité est plutot bonne. Plus qu'un petit km, on passe des vignes, la déchetterie, des vignes, un camp de gitans qui ont sédentarisé leurs mobil-homes, des vignes... le portail blanc.... nous voilà.


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Publié dans : Chapitre XII : Transformations - Par Babouyou
Dimanche 29 juillet 2007 7 29 /07 /Juil /2007 16:07


           Une fois que la queue de Pablo n'a plus necessité de soins quotidiens, je suis retournée en Lorraine . Peut etre, surement, la dernière fois que je mettrai les pieds à Nancy. Il me fallait réccupérer ma vieille Titine, chargée de mes dernières affaires, rendre les clefs de mon appart, payer la derniere pension de Pab...

           J'ai fais joyeusement mes adieux à mon ex par teléphone, et encore, je ne l'ai appelé que pour lui dire que j'avais laissé les clefs de l'appart dans la boite aux lettres, mais j'ai de nouveau chialé comme une madeleine en quittant mon petit bout de campagne, le seul endroit de la région ou en deux ans j'aurai eu de bons moments... J'ai déposé au passage un exemplaire du Petit Prince dans la boite aux lettres du plus génial des élèves, en repartant tres vite pour qu'il ne me voie pas pleurer: il m'avait confié être triste de voir tant de ses adultes préférés déménager cette année, j'aimerais qu'il arrive à rire en repensant au faux père-noel, aux chansons qu'on a chanté, ou aux pétards des papillottes, moi je ne suis pas sure d'y arriver...

          Et puis à sa demande, j'ai fait un gros détour par Metz pour aller dire aurevoir à Alou.
Alou.... au début de notre "co-location de pré", on était deux nénettes têtues et caractérielles aux avis complètement divergeants sur à peu pres tous les sujets... Qui aurait pu imaginer qu'apres un an de hauts et de bas, de cavalcades à dos de ponettes, d'engueulades, de fous-rires et de crises de larmes, on serait devenues Amies...

          Caya, la husky, a drôlement grandi, et elle n'en est que plus destructrice. Teddy couine toujours autant. On a trouvé le temps d'aller voir Caline, Douchka et Play-boy, pour l'instant séparés: Playboy est avec des vaches, Douchka est dans une ferme à quelque 500m de là, et Caline est dans un autre village avec la jument et le poulain de Guy.
          Je suis même montée sur Caline! On l'a sellée, on est allées dans une prairie un peu plus loin de sa pâture, je l'ai menée en longe jusque là, puis "Allez Babz, maintenant je la tiens et toi tu montes dessus!"
"Euuuuh... je fais le crash test quoi en gros.... o_O"
"Exactement! ^^  "

          Et je l'ai fait.... elle a tressailli et/ou sursauté à chaque fois que mon pied ou ma main ont éfleuré un nouveau bout de peau mais ça s'est bien passé: 10 petites minutes avec un humain sur le dos sans l'éjecter ...  j'ai eu chaud aux fesses ^^'

          Dernier Aurevoir: à Guy, Notre Transporteur Officiel de l'Irish Cob ^^  ... Il nous a offert à boire, à Alou et moi, dans sa "Cabane au fond du jardin", nous a raconté, ses incroyables aventures du temps ou il transportait des animaux d'un bout à l'autre du continent Eurasien... On a cueilli et mangé plein de Mirabelles (ce fruit est divin!!!), on est même montées sur ses anes, coiffées des kippa ouzbekes que des enfants lui avaient échangées quelques décénnies plus tôt contre je crois, des bouteilles de coca ....   J'aimerais retrouver la photo.... Alou l'a parrait-il mise sur PICF mais pas moyen de savoir où...

          Et le lendemain matin je suis partie, d'attaque pour 700km d'autoroute vers "Chez moi". Je suis partie parce que je n'avais plus rien à y faire mais je suis partie sereine. Ce pays que j'avais passé deux ans à hair avait fini par se faire une petite place dans mon coeur. J'y ai réalisé mon rêve.
Et plutôt que d'amertume, j'en emporte avec moi le gout sucré de la Mirabelle...


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